Automne et Alimentation

Le changement de saison s’opère dans la nature, les tons automnales s’installent tout autour de nous, mais c’est aussi à l’intérieur de notre organisme que nous ressentons les changements saisonniers.

En effet, les modifications extérieures, la durée d’ensoleillement qui réduit de plus en plus, modifient nos rythmes et notre biologie influençant notre corps physique et émotionnel.

L’été est déjà bien loin, avec lui les souvenirs des vacances bien méritées, une certaine nostalgie voir tristesse prend le dessus et nous amène tout doucement dans une phase où le Yin devient progressivement dominant. Un coup de fatigue général peut se faire ressentir, les écarts de températures entre le jour et la nuit sont vraiment significatifs ; l’Automne est bel et bien installé !

Les Sages Taoïstes ont étudié de très près le tropisme des aliments (le lieu où l’aliment en question va agir de manière singulière dans le corps, sur certains organes et dans certains méridiens), leur nature et leur saveur, ce qui permet aujourd’hui d’avoir un autre regard sur ce que nous ingérons  et de comprendre combien il est important de savoir choisir ses aliments en fonction de la saison et de nos pathologies ou de nos faiblesses organiques.

De plus, chaque fruit et légume suit un cycle qui lui est propre et arrive à maturité à un moment précis de l’année.

Alors pourquoi ne pas écouter la grande sagesse de Dame Nature qui met à notre disposition des aliments adaptés à chaque saison ?

Nous allons donc nous pencher sur un légume à chair blanche (couleur en relation avec l’organe Yin de la saison : le Poumon) ; le Radis rouge.

Nom scientifique ‘’Raphanus sativus’’, Luo Bo en Médecine Chinoise.

 »Raphanus sativus »

Si l’on distingue le radis rouge, blanc et noir, tous trois partagent les mêmes propriétés médicinales à quelques nuances prêts.

Son nom botanique ‘’Raphanus’’ vient du Grec et signifie ‘’qui pousse aisément’’, même en pot sur un balcon !

Consommé cru il est de saveur piquante et de nature fraîche, alors qu’une fois cuit il devient doux et neutre.

Les méridiens destinataires sont ceux du Poumon (qui nous intéresse spécialement en cette saison d’automne), de la Rate, de l’Estomac et de la Vessie.

L’action du radis dans le corps s’opèrera donc au niveau des trois foyers avec la respiration, la digestion et l’élimination via les urines.

Il saura montrer sa puissance expectorante en clarifiant la chaleur et en dissolvant les mucosités : on l’utilisera en cas de toux grasse avec mucosités et dans les cas de gorge douloureuse.

Il est aussi hydratant et humidifiant, il aidera à générer des liquides, sachant qu’en automne la peau à tendance à être sèche.

On lui reconnait aussi une action diurétique et antiinflammatoire.

Enfin il mobilise le Qi et agit dans le Foyer Moyen lorsqu’il y a stagnation d’aliment.

La consommation régulière du radis frais sera bénéfique pour se protéger des attaques de froid et éviter ainsi rhume, grippe et infections respiratoires notamment grâce à sa teneur en vitamine C non négligeable.

En cas de déminéralisation il est intéressant d’avoir recours au radis, de nombreux minéraux sont présent tels que le potassium, calcium, magnésium, soufre, zinc, cuivre, fluor, manganèse, iode, sélénium.

Ne jetez pas les fanes !!!

Elles présentent un intérêt nutritionnel par la quantité de fer et de vitamine B9 qu’elles renferment. Outre leur richesse en éléments utiles elles ont une action intéressante lors de la consommation du radis car elles aident à sa bonne digestibilité !

Rappelez-vous du bon potage de fanes de radis et pommes de terre de Mémé ! Un excellent souvenir gustatif .

Il y a tout de même quelques précautions à prendre lors de la consommation du radis.

A savoir : si les fonctions digestives de l’organisme sont fatiguée (en cas de vide de Yang de la Rate et de l’Estomac) il est déconseillé de le consommer cru. En effet sa nature fraîche et humidifiante ralentira d’autant plus un système digestif déjà affaiblit, douleurs gastro-intestinales et diarrhées peuvent s’en suivre.

Privilégiez le radis cuit dans ce cas là.

A retenir = son action sur la sphère respiratoire n’est plus à démontrer, il traite de nombreuses affections pulmonaires grâce à son pouvoir expectorant, drainant et dispersant.

C’est un excellent pectoral.

Alors mangez du radis et gardez en tête ce pourquoi il est bon !

Marées énergétiques, Qi et Sang.

Qi et Sang  circulent tous deux dans le système des Douze Méridiens Principaux en suivant un cycle bien précis de 24h appelé ‘’Cycle des marées énergétiques’’ .

Chaque méridien connaît donc un moment de ‘’marée haute’’ et un moment de ‘’marée basse’’.

Le flux de Qi et de Sang d’un méridien est à son apogée durant une période de deux heures dans un laps de temps bien précis dans la journée ou la nuit.

A l’inverse, 12h après ce pic, le flux de Qi et de Sang d’un méridien est au plus faible.

Si bien le Qi et le Sang sont produit en grande partie par la Rate, c’est au travers des méridiens que  leurs transport est effectué.

Rappelons les rôles fondamentaux de la Rate en relation avec ces deux éléments majeurs :

  1. La Rate gouverne la transformation des matières nutritives : les aliments ingérés (nourriture et boisson confondus) sont transformé en une énergie disponible pour le corps dénomée GU QI . Celle-ci deviendra une fois raffinée (notamment par le Foie et les Reins) ce que l’on appel le Qi nutricionnel YING QI.
  2. La Rate gouverne le Sang, elle le maintien en place et le conserve dans les méridiens.

Qi et Sang sont indissociables, interdépendants et circulent ensemble : « le Qi fait circuler le Sang et le Sang nourrit le Qi ».

Dans la vision Taoïste, le Sang est analogue au Qi dans la mesure où il est considéré comme sa forme la plus dense, la plus matérielle dans le corps.

Qi et Sang assurent le bon fonctionnement de l’organisme, ils humidifient, vitalisent et nourrissent le corps lorsque leur circulation est équilibrée.

C’est ici que les méridiens interviennent car ce sont eux qui transportent ces deux substances essentielles pour le corps. 

La Force Yang nécessaire à l’activité fonctionnelle du corps est fournie par le Qi.

La Force Yin nécessaire à l’entretien du corps est fournie par le Sang.

L’énergie des méridiens est transmise dans le corps via un support de tissus connectifs que l’on appelle aussi « fascia ».

Les méridiens principaux sont tissés à l’intérieur des fascias, ces derniers fournissent un large soutien structurel à l’ensemble des tissus corporels, recouvrant et connectant tous les muscles et organes internes.

Connaissant ces relations entre le Qi, le Sang et le Corps, il est alors indispensable de porter son attention sur certaines habitudes de vies.

Appredre à Manger, apprendre à Respirer et apprendre à Bouger devient une clé Majeure pour maintenir sa santé optimale !

Le retour du printemps

La Nature ne se trompe pas, mais c’est avant tout notre propre ressenti qui nous permet de confirmer certaines étapes clés de l’année. Lorsque l’on a la capacité d’écouter son corps, d’entendre les messages qu’il nous communique, il devient facile de s’harmoniser avec le rythme des saisons.

Pour les chinois la date de la nouvelle année marque le début du printemps (ce 4 février passé). Le corps lui a déjà manifesté le besoin de sortir de la passivité de l’hiver. Cette montée d’énergie phénoménale qui marque le réveil de la nature est caractérisée par le déploiement du ‘’Yang Qi’’, cette énergie qui active, qui excite, qui développe, qui dynamise et qui exhibe toute la splendeur du monde naturel.

Les bourgeons apparaissent et très vite, dans la foulée, le feuillage des arbres refait surface. Les journées se rallonge et l’activité du monde naturel s’accélère. Les fourmilles grouillent à nouveau, les abeilles butinent, les rayons du soleil réchauffent le sol et très rapidement la végétation tapisse la terre pour répandre la vibration d’un vert tendre et lumineux, celui du vert printanier.

Cette énergie yang qui agit comme un catalyseur permettant cet extraordinaire mouvement d’expansion dans la nature est aussi responsable de la montée de la sève dans les végétaux, après un temps de mise en réserve dans les racines durant la période la plus froide.

C’est cette énergie yang qui pousse notre corps à s’étirer, comme après un bon ‘’dodo’’, comme un ours qui sort de son hibernation.

Selon la Médecine Traditionnelle Chinoise, c’est le couple d’organe Foie/Vésicule Biliaire qui représente la saison du printemps (un prochain article illustrera cette dynamique des organes et des saisons selon l’approche de la MTC) et qui est associé au mouvement du Bois.

Le foie à pour fonction principale de stocker une partie du sang la nuit et il est responsable de la libre circulation de l’énergie (du qi) et du sang dans tout l’organisme, comme la sève qui est stockée dans les racines en hiver, au moment où l’obscurité domine.

Il est important d’être en phase avec ces grands cycles naturels et de comprendre cette dynamique autour de nous mais aussi en nous.

En hiver, le ralentissement de l’organisme (les soirées passées au coin du feu), la nourriture plus calorifique (raclettes, tartiflettes, fondues et compagnies… !), le manque de lumière, sont autant de facteurs qui ont tendance à ‘’encrasser’’ l’organisme et au moment du réveil, au moment de cette montée d’énergie, de cette montée de ‘’sève’’, si l’organisme est perturbé, encombré, si la route est chargée, l’énergie aura du mal à circuler librement et cela entraînera certains désagréments.

Le Foie régit certaines parties du corps dont les tendons, les ligaments, les ongles et la sphère visuelle. Si le bois n’est pas suffisamment alimenté, humidifié il en résulte une sécheresse, un manque de souplesse de ses branches. Il en est de même dans notre corps, si le sang du foie et le Qi du foie ne sont pas en équilibre, des problèmes de raideurs, de torticolis, de tendinites, de manque de souplesse, mais aussi de vision (vision troubles, yeux fatigués, secs…) ou d’ongles fragiles et cassants peuvent se manifester avec intensité durant cette saison.

D’où l’importance de la ‘’cure détox’’ du printemps, pour aider notre foie dans ses fonctions d’épuration et de nettoyage du sang et ainsi permettre une meilleur circulation. Il en existe beaucoup, certaines ont été propulsées par un effet de mode et il existe des mélanges aux noms prometteurs, mais attentions il faut tout de même être vigilant.

Mon conseil est de rester dans la simplicité, c’est pourquoi je vais vous parler d’une plante et une seule qui selon mon avis montre des résultats très performant, pas besoin d’un mélange savant, car son nom révèle son efficacité : il s’agit du PISSENLIT ! Et oui, cette petite rosette dentée reconnue pour sa principale action diurétique et drainante.

Taraxacum officinalis
Taraxacum officinalis : Pissenlit comestible

Facilement reconnaissable avec ses pompons jaunes dorés et très commune dans nos prairies, c’est une des plantes sauvages les plus connues.

Le pissenlit est une des principales plantes hépatique et décongestionnante du foie, dont son action cholagogue est largement reconnue, augmentant la production de bile et facilitant son évacuation par contraction de la  vésicule, cette petite plante permet donc aussi de lutter contre les calculs biliaires.      

En cure le pissenlit désengorge le foie tout en étant une source riche en vitamine A, B1, B2, C, en fer, manganèse, calcium, potassium, phosphore, magnésium, silice….

Il est facile en cette période de partir à la cueillette de pissenlit, sachez simplement reconnaître les lieux les plus propices pour sa récolte : loin des bords de route et des zones polluées, il est important aussi de le laver avant de le consommer.

Si ses propriétés de diurétique, apéritif, draineur hépatobiliaire, dépuratif sanguin, circulatoire sont présentes dans une délicieuse salade fraîche, c’est aussi dans les racines du pissenlit que nous les retrouvons, simplement la récolte s’effectuera en automne.

Si la salade ne vous plaît pas, une infusion des feuilles (et racines) produira le même effet. Les boutons floraux sont excellent, ne les jetez pas mais croquez-les !

Santé,vous avez parlé de santé ?

Qu’est-ce que c’est exactement ?

Aujourd’hui on parle de santé dans les journaux, dans les magazines, à la télévision, à la radio, dans la rue, dans le bus, au café et où sais-je encore…. ?

Parler de santé c’est un sujet aussi vaste qu’un sujet sur l’astronomie  ou connaître le nombre d’étoiles dans l’univers !

Mais lorsqu’on évoque le terme « santé », ce qu’il nous vient à l’esprit c’est avant tout une notion de vitalité, vitalité du corps physique qui nous permet d’effectuer les tâches du quotidien, vitalité qui nous permet de vieillir en toute autonomie (ce n’est pas toujours le cas !).

Oui c’est juste mais ce n’est pas tout.

La philosophie  Taoïste enseigne l’art de la longévité, c’est l’art de vieillir en bonne santé.

Les sages Taoïstes définissent la santé selon 3 axes principaux :

 – 1 : La santé de l’esprit, ou plus simplement être vigilant à ses pensées. Quel genre de pensées se manifeste dans ma tête ? Qu’est-ce que je génère mentalement parlant ? Mon mental est-il ῝sain῝ ? Suis-je ῝positif῝ dans ma tête ? Mes pensées sont-elles constructives ? Ou à l’inverse je suis constamment en train de mâcher du noir, en train de ruminer des pensées nocives…

– 2 : L’alimentation. Mon alimentation  est-elle saine, variée, équilibrée ? Est-ce que je suis attentif à la qualité, à la fraicheur, à la vitalité des aliments que j’ingère ? Est-ce que je me préoccupe de la provenance des aliments que j’achète, des transformations qu’ils ont subis ?

Ou au contraire je me soucie peu de ce qui alimente mon corps physique, je mange que des plats préparés, industriels, en boite, accompagnés de fast food. Je fais la grimace et je boude les légumes frais, ou encore je me réfugie derrière le manque de temps pour faire attention à mon alimentation.

– 3 : Mon attitude face aux autres. Est-ce que j’ai des difficultés pour aller vers l’autre ? Est-ce que je peux facilement développer un sentiment d’empathie ? Est-ce difficile d’offrir un sourire à un inconnu dans la rue, à un passant ? Je cède le passage au piéton devant moi qui souhaite traverser lorsque je suis en voiture ?

C’est toutes ces attitudes que je développe au quotidien en relation avec le monde qui m’entoure, avec les hommes, les femmes, les enfants, les personnes âgées…

Alors bien sûr il faut relativiser : je ne crois pas au Saint des Saints, au grand Maître imperturbable, à l’Homme Parfait. Mais on peut tendre vers un équilibre, on peut sortir du jugement négatif et être de plus en plus attentif à ce qui émerge dans notre pensée pour rapidement recadrer les choses.

Nous sommes des êtres humains avant tout et l’erreur est humaine, nous avons tous la faculté de nous rendre compte des choses, de nous corriger pour toucher de plus en plus un état d’harmonie global à l’intérieur de nous et autour de nous.

Et la santé elle est là ; lorsque notre pensée, lorsque notre alimentation, lorsque nos gestes sont tournés vers un état de conscience, conscience de qui nous sommes, conscience de ce que nous faisons en chaque instant, conscience de ce qui nous entoure.

Aujourd’hui la science est puissante, aujourd’hui la science nous confirme beaucoup de croyances et pratiques antiques, comme les arts Taoïstes, aujourd’hui la science permet à l’humanité de vivre plus longtemps, mais l’humanité vie-t-elle en meilleur santé ?